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Transformation locale des bois dans le bassin du Congo

Les récentes avancées relatives à la gestion forestière en Afrique centrale permettent ainsi de mettre à disposition plus de matière première légale et durable. De plus la croissance des marchés locaux et régionaux et les enjeux économiques nationaux se traduisent par un intérêt croissant des gouvernements africains pour structurer les tissus locaux de transformation du matériau bois.

Les retours en termes d’emploi, d’investissements et de recettes fiscales sont prometteurs et certains pays du bassin du Congo affichent une volonté de limiter voire d’interdire l’exportation de grumes et de promouvoir la transformation plus poussée du bois.

Qu’elle soit artisanale, semi-industrielle ou industrielle cette évolution de la filière demande donc des compétences pour appuyer cette mutation de manière planifiée.

RBUE : comment ça va ?

Mis en place sans grande clarté en Mars 2013 et jusqu’alors sans appui aux importateurs de bois, le RBUE s’installe doucement en Europe. Force est de constater que :

  • Les entreprises concernées se débrouillent pour exercer leur diligence raisonnée sans cerner au quotidien comment se traduira l’application pratique des textes légaux.
  • Les mises en place par les différents gouvernements européens sont bien différentes d’un pays à l’autre (moyens, standards), loin d’une homogénéité souhaitable au sein de l’Europe.
  • Quelques organismes de contrôle sont maintenant créés pour pouvoir assister les entreprises souhaitant aller dans cette voie en leur apportant leur propre système de diligence raisonnée.
  • L’heure est donc à la vigilance et de s’entourer de compétences pour pouvoir s’adapter à cette nouvelle situation.

«Préférez le bois français » et les bois d’importation

Les visiteurs du dernier « Carrefour du Bois » en juin 2014 ont pu remarquer la très forte présence des producteurs français, matérialisée en particulier par une surface imposante de stands et une communication forte. On ne peut que se réjouir de voir ainsi notre ressource locale mise en avant, en vantant qualité de la matière et professionnalisme de la filière.

Sans vouloir remettre en question cette démarche ô combien importante et utile, permettons nous cependant quelques remarques relatives aux bois d’importation :

  • bois locaux et bois importés ne doivent pas être considérés comme concurrents mais comme complémentaires. L’avenir de notre matériau est entre les mains du client final qui a besoin d’une offre large d’essences et doit faire porter son choix sur le bois plutôt que sur un autre produit.
  • l’exportation des grumes est interdite dans de nombreux pays ou en passe de le devenir. Le vrai combat ne se situe t ‘il pas à ce niveau ? La pernicieuse « exception française » ou le » French paradox » feront ils de La France le dernier pays à exporter ses grumes au dépend de son tissu local de transformation ?

Se poser la question de l’importation est légitime mais l’exportation de produits transformés est tout aussi essentielle pour la pérennité de cette filière.

Des experts du commerce peuvent alors certainement apporter leur soutien au développement du bois local.